Accessibilité universelle

« Il ne faut pas permettre que la question des handicaps soit toujours abordée après coup… L’accessibilité… doit être abordée lors de la conception, pas seulement considérée comme un ajout. » William Kennard, États-Unis. [1]

Cette citation résume le concept d’accessibilité universelle. L’accessibilité universelle se définit par la prise en compte, dès le départ, des besoins de toutes les catégories de la population lors de la conception architecturale des édifices. Appliquée à l’éducation, elle signifie concevoir des méthodes d’enseignement qui prennent en compte toutes les particularités de la clientèle étudiante (les immigrants, les étudiants apprenant une langue seconde, les adultes, les personnes en situation de handicap) au lieu de les adapter à chaque fois en fonction des besoins qui se présentent.

Neuf principes ont été identifiés pour favoriser ainsi l’accessibilité universelle en pédagogie. L’application de ces principes devrait favoriser la réussite scolaire de tous les étudiants, peu importe leurs particularités, et par conséquent faciliter la tâche des enseignants et rendre leur travail plus efficace.

1. L’utilisation équitable

Ce principe affirme que la conception du matériel du cours ne désavantage personne. Il servira à tout le monde, pas seulement les personnes en situation de handicap. Nous pouvons prendre l’exemple des diapositives faites avec l’application PowerPoint. Elles permettent une meilleure visibilité non seulement pour les personnes malvoyantes, mais aussi pour les étudiants qui ont de la difficulté à prendre des notes ou ceux qui s’assoient au fond de la classe. Personne n’est pénalisé par les présentations. Dans le même ordre, les cours disponibles sur support audio, téléchargeable en version MP3 pour les personnes malentendantes et aussi pour les personnes malvoyantes, peuvent servir aux étudiants qui manquent un cours ou qui souhaitent vérifier la qualité de leurs notes.

2. La flexibilité d’utilisation

La réalisation du matériel éducatif doit tenir compte de toutes les différences de la population étudiante. Il faut que les professeurs trouvent des alternatives permettant à tout le monde d’effectuer la charge de travail. Comme alternative, les examens et les questionnaires pourraient être remplacés par des exposés écrits ou oraux à soumettre. Les professeurs pourraient accorder des périodes plus longues pour la rédaction (pour un devoir de 1h50, 1 heure serait ajoutée) pour tout le monde en considérant que les personnes avec des troubles d’apprentissage prennent généralement plus de temps. Ce type de mesure avantage tout le monde.

3. L’utilisation simple et intuitive

Les instructions, lors des évaluations ou de la rédaction du matériel didactique, doivent être dans un langage clair et simple afin d’en permettre la compréhension par tous. Il ne faut pas tenir pour acquise la terminologie propre à chaque matière, il faut prévoir un glossaire des termes techniques ou nouveaux pour les débutants.

4. L’usage d’information facile à comprendre

Les informations de chaque matière doivent être transmises de façon accessible pour tout le monde, peu importe la nature de son handicap.

5. La tolérance à l’erreur

Lors de la correction des évaluations, le personnel enseignant doit tenir compte des différentes variations des résultats qui peuvent survenir. Dans certains cas, le professeur pourrait par exemple noter la méthode utilisée pour trouver la réponse plus que la justesse de celle-ci.

6. La nécessité du peu d’effort physique

Ce principe implique une conception qui met plutôt l’accent sur l’apprentissage et non sur les efforts physiques nécessaires à l’apprentissage. Par exemple, le fait de ne pas privilégier des évaluations de longue durée.

7. Une approche et une utilisation aisée de l’espace

Les salles de classe doivent tenir compte des caractéristiques de chaque individu de façon à lui offrir un espace assez large. Les salles de classe devraient être plus grandes et comporter moins d’étudiants.

8. Une communauté d’apprentissage

L’établissement doit offrir un cadre favorisant l’interaction et la collaboration entre les étudiants et avec les professeurs. Il pourrait établir des forums de discussion et aussi prévoir des travaux de groupe pour favoriser l’inclusion.

9. Un climat propice à l’apprentissage

Le personnel de l’établissement doit être facile à aborder et être favorable à toute discussion sur les dispositions qui pourraient garantir l’égalisation des chances pour la réussite scolaire.

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[1] Harvard Law School Project on Disability, We Have Human Rights, Bret Hesla et Mary Kay Kennedy, Advocating Change Together (www.selfadvocacy.org), p.15.

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